De 1960 à 2001 la commune de Saint-André-de-Corcy a accueilli une station radio émettrice qui était auparavant implantée à La Doua près de Lyon depuis 1914.
Une dizaine d’antennes exploitées par les P&T étaient implantées sur le site de Favrot, avec un personnel nombreux qui a vu l’implantation d’un quartier complet le long de la RD 43 (route de Neuville) reliant la commune à Neuville-sur-Saône.
Les personnes qui possèderaient des informations (historique, documents, images) pour étoffer cet article sont invitées à se manifester auprès des services municipaux.
Sources :
- Le Rize + : http://lerizeplus.villeurbanne.fr/article.php?larub=133
- Le guichet du savoir : https://www.guichetdusavoir.org/question/voir/20572
Article écrit par Henri Ramirez
Le centre radio de St André de 1960 à 2001
En 1960 Saint-André-de-Corcy accueillait les émetteurs et les antennes de la station radio-émettrice de LYON-La Doua. Elle fut construite en 1916 pour remplacer la station émettrice de la Tour Eiffel soumise aux risques de saisie par l’ennemi, lien indispensable pour assurer les liaisons avec les alliés au cours de la 1 ère guerre mondiale.
Situé au FAVROT, un « petit village » dans la commune venait de naître.
Sur la route de Neuville, ce sont 12 villas jumelées et une indépendante, 4 immeubles de trois étages et garages, une bâtisse comportant chambres individuelles dites célibataires, une salle commune et un espace dédié aux sports qui ont accueilli le personnel transféré dans l’Ain.
L’activité gymnastique de ASPTT deviendra plus tard en 1991 l’association « la SEREINE de Saint-André-de-Corcy ».
Ondes longues et ondes courtes
L’usage de ces technologies réside dans la particularité des ondes longues de se propager en suivant la courbure de la surface terrestre et les ondes courtes de rebondir sur l’ionosphère permirent d’atteindre de longues distances en utilisant parfois une puissance énorme de l’ordre de 200 KW antenne. L’activité principale a été les liaisons permanentes radio avec l’Amérique du sud, Amérique centrale, Mexico, Papeete, Nouméa, Saïgon, Séoul, Saint-Pierre, Djibouti jusqu’à l’abandon successif grâce aux mises en place des câbles sous-marins assurant une meilleure qualité de transmission.
En dernier usage, les antennes servaient aux transmissions codées pour les besoins militaires en couverture de la mer méditerranée principalement pour les sous-marins. La guerre du golfe en 1991 sonnait l’ultime usage des antennes largement compensé par les satellites assurant de meilleures transmissions sécurisées.
Avril 1979 mise à l’heure des horloges
En avril 1979 les PTT affecte un émetteur de 45 KW servant auparavant à la diffusion des messages radio de la marine vers les pays d’Outre-Mer. Son nouvel usage devient la diffusion de signaux codés servant à synchroniser les horloges. Anciennement c’était depuis l’Allemagne et la suisse que ce système permettait de remettre à l’heure les pendules munies d’un récepteur décodeur, malheureusement la couverture du territoire français particulièrement dans le Sud et les zones montagneuses était défectueuse. Cet handicap a été levé grâce à la mise en place d’une diffusion radioélectrique de l’heure purement française.
Cette heure de référence calée sur celle des horloges atomiques de l’Observatoire de Paris est émise sur toute la France depuis Saint-André-de-Corcy sur la fréquence 83.8KHZ avec une précision au dix millième de seconde. On ne peut qu’être fier d’avoir été la référence temporelle de la France pendant un temps !!
1980 les premiers Téléphone De Voiture (TDV)
Nouvelle technologie et activité du centre radio de Saint-André-de-Corcy. Le TDV vient équiper les taxis de LYON. Il s’agit d’une liaison analogique (modulation d’amplitude) de qualité moyenne qui couvre l’axe Paris-Lyon-Marseille. C’est le R200 balbutiement du futur réseau R2000 de France Télécom.
Activité du Radiocom 2000
Saint-André-de-Corcy devient dès 1985 le centre d’exploitation du réseau France Télécom de la région Sud Est de la France. Chargé du déploiement du réseau de la qualité de service et de la couverture territoriale, de nombreux techniciens viennent s’implanter dans le village.
1985/1986 naissance du département expertise mobile : service d’homologation
Le système Radiocom 2000 était du radiotéléphone franco-français, les constructeurs essentiellement tous français, l’Unité Réseau Mobile (URM) de Saint-André-de-Corcy est le seul laboratoire sur le territoire hexagonal chargé de contrôler le bon fonctionnement des nouveaux mobiles sur ce réseau. Une partie des tests radio étant réservé au Centre National d’Études des Télécom (CNET) en région parisienne.
Le personnel de ce labo se chargeait de la partie logiciel du terminal. Les mobiles n’étaient pas de simples émetteurs récepteurs, mais avaient en plus de l’intelligence, le rôle de ces « pilotes d’essai des téléphones mobiles » consistait, en étroite collaboration avec les constructeurs, de faire appliquer les spécifications qui garantissent leur bon fonctionnement. À la fin des tests, le service donnait un avis favorable à la commission nationale d’agrément permettant d’apposer la petite étiquette verte.
Juillet 1992 France Télécom lance le premier réseau téléphonique à la norme GSM (Global System Mobile) : ITINERIS est né.
L’URM de Saint-André-de-Corcy s’organise, mutation progressive de Radiocom 2000, acquisition de nouvelles compétences, plusieurs services voient le jour en GSM : déploiement, optimisation, supervision, exploitation, cartographie, point d’entrée clients, après-vente clients, expertise mobile.
AGENCE NATIONALE DES FRÉQUENCES (ANF)
En 1997 l’ANF s’installe dans son nouveau bâtiment : 522 route de Neuville. Le manque d’espace ainsi que son activité administrative et de contrôle des fréquences sur le territoire national ont rendu nécessaire ce déplacement et son indépendance administrative.
2001 Départ de Saint-André-de-Corcy
Devant l’ampleur de la nouvelle entité, les locaux deviennent trop étroits, peu adaptés aux besoins et aux nombres de bureaux, l’unité de France Télécom Mobiles quitte le village pour Lyon.
Anecdote : les rescapés de la Vanoise.
22 février 1999, la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) de montagne entre en contact avec l’URM de Saint-André-de-Corcy pour tenter de localiser un mobile détenu par des randonneurs égarés dans le massif de la Vanoise. On connait le numéro grâce à un appel vers le 112, mais aucun renseignement sur le lieu où se trouvent trois personnes. Une cellule de crise est immédiatement déployée. Tous les services de l’URM se réunissent et mettent en commun leurs compétences. La coordination technique est assurée par le service expertise mobile. On attend que le mobile se manifeste, on leur donne des consignes par SMS (Short Message Service) pour permettre leur localisation par triangulation : allumage du téléphone attente 3 mn éteindre, attendre 10 mn, renouveler l’opération 3 fois, dans le but d’économiser la batterie et d’éviter l’arrêt définitif du mobile. Pendant chaque séquence des relais sont arrêtés dans la zone supposée des naufragés, un seul restant actif. Au bout de trois relevés d’informations techniques (les mesures du décalage dans le temps entre émission et réception permettent de calculer la distance entre ces 2 points) une étude précise du service cartographie jonglant avec les obstacles naturels géographiques, la triangulation détermine une zone à 12.5 km à vol d’oiseau du relais Itinéris de Courchevel 1850, pour une surface de zone de recherche de 900 m2.
Après 3 jours de mauvais temps le 25 février le vent cesse, un hélicoptère des CRS de montagne se rend dans la zone que nous avions définie. Les individus seront récupérés à 13.1 km.
L’URM reçu un télégramme de remerciements de Monsieur Jean-Pierre Chevènement alors ministre de l’intérieur.